Date: Thu, 26 Jun 2008 17:17:28 -0500
From: "Jean-Luc Colnot"
To: XXX
Subject: AYACUCHO

Quelques nouvelles,
Je suis finalement vite parti de Lima en prenant un bus confortable jusqu'a Ayacucho. Arrive tres tot le matin dans une ville ou s'organisait un congres d'etat, tous les hotels etaient complets et je me suis rabattu sur un hotel a 50 sols, encore trop cher a mon gout (12 euros 50) surtout pour la qualite proposee. Mais tout de meme, apres avoir un peu dormi, je suis sorti et ai constate que je suis, enfin, rentre dans le vif du sujet. Il fait chaud, il y a du soleil et ce que les gens de Lima appellent "La Garua", ce brouillard humide qui couvre la ville pendant tout l'hiver, n'est plus qu'un souvenir, tout comme l'ambiance un peu menacante de la capitale. Donc ici, vif du sujet, car c'est le Peru, le vrai, ses montagnes magnifiques, ses marches, ses gens. Et ce qui ne gache rien, on commence a avoir des prix correspondant a ce qu'ils doivent etre. J'ai mange, bien, a midi, pour 1 euro. Demain je change d'hotel car j'en ai trouve un mieux et moins cher pour 5 euros 50. Je vais rester ici quelques jours pour preparer la suite de ma progression vers la Bolivie. La ville est nettement plus sure et accueillante. Cela ne veut bien sur pas dire que je n'ai pas eu a Lima de contacts profonds, voire tres indicateurs. Euh, apparemment, j'attire les croyants. J'ai eu une tres longue conversation, dans un endroit totalement inapproprie ou m'avait conduit un receptioniste de l'hotel qui croyait bien faire et a bien fait finalement, avec une pute aux yeux tres sombres et lilithiens et je pensais sans arret a mon ami Pissier, conversant avec elle en regardant sa nuque. Il y a eu aussi les bonnes soeurs, mexicaines a cornette, avec qui l'echange fut troublant. J'avais en effet choisi de suivre la visite du musee Larco (extraordinaire) en suivant le groupe de retraites qu'elles accompagnaient, plutot que de suivre le guide francais. C'etait surrealiste, la visite de la salle des ceramiques erotiques mochicas, avec ce regard complice et mystique que nous partagions avec les epouses de Dieu. Et lers petits vieux, non moins merveilleux, j'en ai accompagne un qui s'etait perdu et cherchait les toilettes et d'un coup, il semble que le regard de tout ce petit monde, un peu surpris de mes choix et que je jne sois pas espagnol, a change. Et puis il y a eu la petite indienne de l'amazonie du nord, Angela, serveuse a l'hotel. Je reste encore dans l'etonnement de la profondeur des echanges, elle s'est mise a pleurer quand je suis parti en formulant a son egard toutes sortes de voeux auspicieux. Elle avait, elle aussi commence la conversation en me parlant de....Dieu.
Donc au programme demain, exploration des marches d'artisanat et reperage de prix et d'articles, en vue de ce site solidaire dont je n'ai pas, bien au contraire, abandonne l'idee. Ici la misere est noble, pas comme celle de Lima. Et il y a ces indiennes en chapeau melon et en jupe, leur regard est vraiment magnifique. Et, mon Dieu, les enfants, dans leurs petites tenues traditionnelles... a croquer. Mais euh.... vu la quantite de gens qui m'adressent la parole, je crois qu'on m'a repere et qu'on veut m'adopter.