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Quelle est ta relation avec la douleur ?

Elle ne me dérange pas. L'adaptation est possible. Plus on pratique, plus on s'y fait, et quand je fais l'amour, certaines pratiques classifiées comme douloureuses me manquent intensément car elles apportent une stimulation et une intensité qui me font perdre le contrôle de moi-même. C'est une progression et une provocation envers mes amants souvent non initiés, évidemment cet aspect-là est délicieux. Lorsque je me suis fait enlever une incisive, je suis restée sans prothèse pendant dix jours, exprès pour faire des photos. Le simple fait de parler mettait l'air en contact avec la plaie à vif et j'étais insupportable pendant ces dix jours. Je ne me suis rendue compte qu'après à quel point j'étais sous l'emprise de cette douleur que j'avais vite cessé de percevoir en tant que telle. Je tenais aux images. Je déclenche dégoût pour mieux séduire, j'ai horreur de passer inaperçue. Je suis quelqu'un dont l'originalité doit être remarquée sinon je me sens... pas comprise, pas mise en valeur. Je soigne ma mégalomanie, c'est facile et rigolo. J'aime que les gens me détestent à un certain moment afin de déclencher des émotions intenses. Une des expériences les plus fortes et émouvantes de ma vie fut la naissance de mon fils. Evidemment c'était douloureux, mais j'étais plus forte que la douleur, et elle n'empêche pas que j'ai un souvenir tendre de ce moment. En tout cas elle lui aura donné son intensité, et je tenais à le vivre ainsi, en faisant face à la douleur, malgré les absurdes propositions de péridurale... Qui met des lunettes noires au cinéma ?

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